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Face à une baisse fulgurante des budgets au sein des universités et aux coûts exponentiels de la communication scientifique, une prise de conscience de la part des acteurs est nécessaire afin de trouver une solution adéquate qui permettrait de sortir de cette impasse tout en restant efficaces dans la diffusion des savoirs.

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L’université est le lieu par excellence de création et de distribution des connaissances. C’est donc une priorité pour elle de rendre performante l’activité de valorisation de la recherche (communication scientifique).

Dans mon livre publié en Mars 2015, il a été évoqué l’importance capitale des travaux de recherche à l’université. C’est pour dire que tout travail scientifique se base sur une liste élaborée de « travaux antérieurs» déjà publiés ou non dans le domaine de recherche.

Ces travaux peuvent être disponibles soit à l’université, soit à distance (en ligne). Cette mise à disposition peut être soit payante (revues commerciales par exemple) ou par simple accès à une archive ouverte. Ils peuvent également être disponibles si le système de  réseautage est fait de sorte à permettre le partage de documents.

La mutualisation des ressources consiste à réunir les moyens financiers dans le but d’organiser l’accès à la documentation numérique au sein de l’université ou des universités.
Cette mutualisation est souvent pilotée par le Service Commun de la Documentation.
Elle tente de contourner les barrières établies par la crise financière qui a causé la baisse des budgets au sein des universités.

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Au Sénégal, c’est vrai que cette problématique est nouvelle mais c’est le moment de réfléchir par rapport à cette question. On note, par ailleurs qu’il n’y a pas de baisse des budgets ; ils sont juste insuffisants. Ce qui veut dire que le rôle des SCD n’est pas entièrement joué. Le réseau documentaire existe dans certaines universités comme celle de Dakar par exemple.

On note que les choses bougent à présent, car des projets sont en gestation  tandis que d’autres ont commencé à voir le jour. On peut prendre l’exemple du  programme Cyberdocs-Ucad qui recense les mémoires et thèses à l’université de Dakar.

Pour Dieye DIOUF, DIOUF, 2009, l’archivage et la diffusion électroniques des thèses et des mémoires constituent un pas vers le désenclavement scientifique en Afrique.

En France, les universités ont opté pour que des consortiums tels Couperin négocient les licences nationales, « le consortium se donne pour mission d’analyser les besoins de ses membres, d’évaluer, de négocier et d’organiser l’achat de ressources électroniques aux meilleures conditions, d’animer un réseau national de compétence pour l’acquisition et la valorisation de ces ressources et de mettre en place une coopération nationale et internationale dans le domaine de la documentation et de la publication numérique. », selon SEMPRE.

Pour Julien SEMPRE (SEMPRE, 2011), « la question des licences nationales en bibliothèques universitaires est essentielle aussi bien pour l’IST que pour la recherche française. Elle répond à la nécessité de disposer d’un socle commun de connaissances à l’échelle du territoire. Ce socle permettrait aux chercheurs de disposer des outils documentaires nécessaires pour être compétitifs et, à l’IST, de mieux faire face aux monopoles éditoriaux en ressources électroniques ».

Ce rôle du consortium est très important car, permettant de diligenter la négociation des licences nationales avec les éditeurs. Ce qui aura forcément un impact considérable  sur les prix de la documentation électronique et améliorera, par la même occasion, l’offre de l’Information Scientifique et Technique.

Toujours par rapport à cette mutualisation, nous pouvons citer l’ABES qui joue un rôle fondamental en matière d’accès à l’IST en développant  le catalogue collectif  de l’enseignement supérieur français SUDOC très utilisé par les chercheurs pour la localisation de documents. En effet, SUDOC comprend plus de 10 millions de notices bibliographiques qui décrivent tous les types de documents (livres, thèses, revues, ressources électroniques, documents audiovisuels, microformes, cartes, partitions, manuscrits et livres anciens…).

Le catalogue SUDOC décrit également les collections de revues et journaux d’environ 2000 établissements documentaires hors enseignement supérieur (bibliothèques municipales, centres de documentation…)

Enfin, il a pour mission de recenser l’ensemble des thèses produites en France.

Une recherche dans le catalogue SUDOC permet :

– D’obtenir la description bibliographique du document

– De constituer une bibliographie par le téléchargement ou l’export de notices

– De sauvegarder dans son panier, au fil de la recherche des enregistrements (jusqu’à 100) pour pouvoir les télécharger

– D’accéder au texte intégral du document si celui-ci est accessible en ligne

– De localiser un document dans une des bibliothèques du réseau SUDOC afin de pouvoir le consulter, en demander le prêt ou la reproduction.

Au-delà de ces instruments de mutualisation des ressources, nous pouvons voir les archives ouvertes qui prônent un accès libre à la documentation scientifique. Nous pouvons voir HAL qui est une archive ouverte française.  « L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion d’articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, et de thèses, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés ».

Il est créé en 2001 par le CNRS, Hyper articles en ligne (ou HAL) est une archive ouverte permettant aux chercheurs de déposer leurs articles et manuscrits dans une base à accès ouvert développée par le Centre pour la communication scientifique directe (CCSD) du CNRS. L’accès aux données est libre, mais pas nécessairement leur utilisation ou réutilisation. C’est la plate-forme commune d’archive ouverte choisie par les établissements français de recherche

Ce billet a pour but de montrer ce qui se fait à l’étranger pour permettre aux acteurs des différentes universités sénégalaises de réfléchir sur la question de la valorisation de la recherche et de la diffusion des savoirs.  Il a aussi pour but de promouvoir le libre accès qui se  veut d’être un modèle de diffusion des connaissances à moindre coût et un accès plus large à la documentation de recherche pour toute la communauté scientifique. N’est-il pas clair que le libre accès semble être la solution adéquate pour une ouverture plus large de la science?

 

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